A l’attention des Présidents des Commissions chargées des Affaires sociales, des Affaires économiques et des Transports de l’Assemblée nationale et du Sénat

A l’attention des Présidents des Commissions chargées des Affaires sociales,
des Affaires économiques et des Transports de l’Assemblée nationale et du Sénat

Copie aux Présidents des groupes parlementaires

Paris, le 20 juin 2020

Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents,

Il y a quelques semaines, la direction d’Air France a annoncé la réduction de l’offre de ses vols d’au moins 40 % sur le territoire national dans notre pays d’ici 2021 et la fermeture de plusieurs destinations. C’est une décision aux conséquences sociales, économiques, écologiques et territoriales très lourdes pour la France : voilà pourquoi, afin que la population française et ses représentants en soit éclairés et en complément de la note technique jointe à la présente, notre intersyndicale demande à être auditionnée, dans les délais les plus brefs, par les commissions compétentes du Parlement.

L’emploi est menacé. Chez Hop ! l’une des filiales d’Air France, de très nombreux postes sont susceptibles d’être supprimés très rapidement, en conséquence immédiate de cette décision. Mais c’est plus largement des bassins de vie qui risquent d’être fragilisés : aéroports concernés, entreprises dont l’activité reposent sur les lignes visées, sous-traitants, tourisme, etc…
Des centaines de familles sont aujourd’hui dans l’angoisse de lendemains plus incertains que jamais.

L’écologie est instrumentalisée. Nous l’affirmons, quand la direction d’Air France argue de l’environnement pour justifier ses choix, elle fait preuve du plus grand cynisme. Elle prétend se conformer à la demande du Gouvernement de supprimer les lignes qui peuvent être effectuées en train en moins de 2h30, mais en réalité, il n’y a que quatre lignes dans ce cas – Orly-Lyon, Orly-Bordeaux, Orly-Mulhouse et Orly-Nantes.

Les territoires sont fragilisés. Il existe des « effets de seuil » et des « effets cascades » dans le transport aérien. Quand une ligne ferme, les deux aéroports concernés perdent en rentabilité et d’autres lignes sont aussi susceptibles d’être fragilisées par la disparition d’offre en correspondances. La décision de la direction d’Air France, par son ampleur inédite risque de dégrader l’accessibilité des territoires nationaux les plus enclavés, pénaliser la reprise et hypothéquer leur développement économique.

Les pouvoirs publics sont légitimes, pleinement, pour obtenir des explications et des anticipations quant à la stratégie suivie par la direction d’Air France : rappelons notamment que l’État, à la suite de la crise sanitaire, a accordé un soutien financier de 7 milliards d’euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90 % et 3 milliards de prêts directs. C’est l’argent des Françaises et des Français et nous estimons qu’ils sont en droit d’être informés des conséquences des décisions prises sur les enjeux d’une entreprise qu’ils ont contribué à sauver.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à ce courrier et restons à votre disposition pour un futur entretien.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames les Présidentes et Messieurs les Présidents, l’expression de notre considération distinguée.

L’intersyndicale de HOP !
CFE-CGC, CFDT, CGT, FUC, SNPL, SPL, SNGAF, SNPNC, UNAC, UNSA