Air France : 2021, année du low cost domestique

L’été prochain, la filiale low cost Transavia France débutera son déploiement sur le réseau domestique, avec l’ouverture d’une vingtaine de lignes, parfois en remplacement de vols Air France.

Si 2021 ne sera a priori pas l’année de la sortie de crise pour Air France-KLM, elle sera à coup sûr celle du véritable décollage du modèle low cost chez Air France. Avec, pour la première fois cet été, l’arrivée en force de Transavia France sur les lignes intérieures. Anne Rigail, la directrice générale d’Air France l’a encore confirmé jeudi lors de la présentation des résultats annuels : la filiale à coûts réduits du groupe opérera 20 routes domestiques cet été, au départ de Paris-Orly, mais aussi entre des métropoles régionales, comme Rennes-Montpellier, Brest-Toulon, Nantes-Toulon, ou encore Montpellier-Ajaccio.

Cette poussée de croissance s’accompagnera de l’arrivée, en avril, de huit nouveaux Boeing 737-800 de 189 sièges – ce qui portera la flotte de Transavia à 48 appareils (tous des Boeing 737-800) à l’été prochain et une cinquantaine à l’hiver 2021-2022.

26 % de l’offre domestique d’Air France

Entre les nouvelles lignes de Transavia et le recentrage de la filiale régionale Hop! sur la desserte de Roissy-CDG et de Lyon, l’offre low cost devrait ainsi représenter 9 % de l’offre domestique du groupe Air France, hors vols d’alimentation du hub de Roissy-CDG, dès le premier semestre 2021. L’objectif est de monter à 26 % d’ici à mi-2022, pour espérer sauver un réseau domestique plombé depuis des années par des pertes récurrentes grâce à un coût au siège inférieur en moyenne de 40 % à ceux d’un A320 Air France et de 52 % à ceux d’un avion régional de Hop.

Signe supplémentaire de cette conversion au low cost, qui n’épargnera que les vols d’alimentation du hub de Roissy-CDG et de Lyon et les lignes de Navette au départ d’Orly : Air France a discrètement suspendu son service « business » lancée il y a un an sur les vols domestiques, à l’exception de ceux pour Roissy-CDG et Amsterdam.

L’outil de la reconquête

Ce virage stratégique majeur a été rendu possible par l’accord conclu en août 2020 entre la direction d’Air France et le principal syndicat de pilotes, le SNPL AF, levant l’interdiction faite à Transavia de desservir des lignes domestiques. Cet accord constitue aujourd’hui le principal vecteur de croissance d’Air France, face à Ryanair, Easyjet et Volotea.

Le directeur du groupe, Ben Smith, ne manque d’ailleurs jamais une occasion d’en souligner les vertus. « La structure de coûts de Transavia France est proche de celle d’Easyjet, avec en plus, la force du programme de fidélisation Flying blue du groupe, affirme-t-il. Cela nous donne un outil dont ne disposent pas IAG et Lufthansa ».

La croissance de Transavia ne se limitera pas aux seules lignes domestiques. Une fois les frontières rouvertes, la compagnie vert pomme aura également pour mission de reconquérir le terrain perdu sur les lignes régionales européennes. A force de fermeture, Air France avait en effet fini par disparaître totalement des liaisons province-Europe, pour le plus grand bonheur des autres low cost.

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