Covid-19 : les perspectives s’assombrissent dans le secteur des transports

La réduction de l’offre de trains se fera progressivement à partir du lundi 2 novembre. Dans l’aérien, Air France pourrait être amené à faire davantage d’économies.

L’annonce du reconfinement représente aussi une mauvaise nouvelle pour le monde du transport, déjà fortement pénalisé depuis le début de la pandémie de Covid-19. Les opérateurs de transport public vont se retrouver dans des situations analogues à celles du premier confinement : baisse très sensible de la fréquentation et maintien de l’offre à un niveau bas (il s’établissait à environ 30 % au printemps).

Cette fois, la différence pourrait être plus marquée entre transport de longue distance et mobilité du quotidien. Les flux des 4 millions d’élèves qui, chaque jour, prennent les transports en commun étant maintenu, il est probable que dans les bus, trains, métros et trams, le niveau de fréquentation minimal du premier confinement (moins de 5 % des passagers habituels) ne soit pas atteint. Il n’y aura pas de modification de l’offre de transport en commun d’ici au dimanche 1er novembre, a expliqué le ministre délégué aux transports Jean-Baptiste Djebbari, jeudi 29 octobre, au micro de LCI. L’adaptation – et, partant, la réduction – se fera progressivement, à partir du 2 novembre.

Pour ce qui est des déplacements interrégionaux, la SNCF a annoncé, dans la foulée de l’allocution présidentielle, que tous les trains prévus entre jeudi et dimanche étaient maintenus, afin de laisser la possibilité aux Français de rentrer des congés de la Toussaint. Cette tolérance prendra fin lundi, et l’interdiction des déplacements entre régions réduira nécessairement le nombre de passagers et de trains. « Nous attendons de connaître en détail les types d’exception pour adapter notre plan de transport », explique un porte-parole de SNCF Voyageurs.

Fonctionnement au ralenti

Ce deuxième confinement va alourdir encore un peu plus la facture liée au nouveau coronavirus. A la SNCF, le manque à gagner en termes de chiffre d’affaires sur le seul TGV est de 50 % à la fin du mois d’octobre, soit près de 3 milliards d’euros. Et ce, sans compter le marasme dans lequel se trouve le trafic transfrontalier (Eurostar, Thalys) qui, lui, est exsangue, tout comme l’activité d’autocars longue distance.

En ce qui concerne le transport urbain, la « douloureuse » du Covid-19 était estimée, hors effets du nouveau confinement, à environ 4 milliards d’euros pour l’ensemble de 2020 (dont 2,6 milliards pour l’Ile-de-France, mais avec une compensation prévue de la part de l’Etat). A la RATP, par exemple, la crise sanitaire avait coûté 224 millions d’euros au premier semestre. Le reconfinement va à coup sûr grever la seconde partie de l’année.

Dans l’aérien, « cela ne va pas changer grand-chose », avoue un dirigeant d’un groupe aéronautique, les mesures de confinement empêchant les gens de se déplacer. Depuis mars, les compagnies aériennes ont appris à fonctionner au ralenti et au jour le jour. Désormais, Air France, qui, de son propre aveu, « brûle » 10 millions d’euros par jour, opère uniquement des vols qui ne perdent pas d’argent. Pour faire face aux conséquences du premier confinement, l’entreprise avait dû lancer un plan de plus de 7 500 suppressions de postes. L’Etat a également mis la main à la poche, avec un prêt garanti de plus de 7 milliards d’euros.

Coup fatal aux espoirs de reprise ?

Pour certains spécialistes, face à la recrudescence de l’épidémie, ces mesures seront insuffisantes, et Air France pourrait devoir se serrer davantage la ceinture. Le reconfinement est susceptible de porter un coup fatal aux espoirs de reprise, au moins temporaire, de son activité à l’occasion des vacances de Noël. Avant l’annonce d’Emmanuel Macron, la compagnie nationale misait beaucoup sur le retour des touristes aux Antilles et à la Réunion pour les fêtes de fin d’année.

Grâce à sa flotte de long-courrier, Air France tire profit de l’essor du fret aérien, notamment pour transporter les produits sanitaires

Pourtant, quelques lueurs d’espoir perdurent dans ce ciel orageux pour l’entreprise dirigée par Ben Smith. Grâce à sa flotte de long-courrier, Air France tire profit de l’essor du fret aérien, notamment pour transporter les produits sanitaires. Il n’empêche, son niveau d’activité, prévu autour de 50 % de ses capacités cet hiver, devrait être revu à la baisse.

A l’inverse d’Air France ou d’Air Caraïbes, les compagnies à bas coûts, telles l’irlandaise Ryanair et la britannique easyJet, qui n’opèrent que des appareils moyen-courriers, n’ont pas de flottes d’avions adaptées à cette soudaine demande. La seconde devrait fermer temporairement sa base de Roissy-Charles-de-Gaulle, tandis que son activité sera en baisse de plus de 80 % par rapport à novembre 2019.

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