Brexit : l’aérien s’est préparé tant bien que mal au choc

Plutôt que d’attendre un éventuel accord global entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, les compagnies aériennes et les industriels britanniques de l’aéronautique se sont européanisés, afin de ne pas se retrouver à la porte de l’Europe au soir du 31 décembre.

A un peu plus de deux mois de la fin de la période de transition, le transport aérien est, sur le papier, loin d’avoir réglé les problèmes liés à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. A partir du 31 décembre, et en l’absence d’un accord global à Bruxelles, les compagnies aériennes britanniques, ainsi que les industriels de l’aéronautique perdront en effet tous les bénéfices de leur appartenance à l’Union .

A commencer par le droit pour les avions battant pavillon britannique d’opérer des lignes intra-européennes. « Les licences d’exploitation délivrées par l’autorité britannique compétente pour l’octroi des licences ne seront plus valables dans l’Union après la fin de la période de transition », indique un texte de la Commission.

Des licences non reconnues

Le couperet vaut également pour les licences de pilotages, les agréments, les certificats de navigabilité et tous les documents administratifs jusqu’à présent délivrés par les autorités britanniques au titre de la réglementation européenne. Tous ces actes n’auront plus de valeur, hors du Royaume-Uni, dans les 27 pays de l’Union européenne. Et leurs titulaires n’auront d’autre choix que de tout refaire auprès d’une autorité européenne.

De même, les fabricants d’équipements aéronautiques devront avoir obtenu une validation de leur production par l’Agence européenne de sécurité aérienne, qui s’appuyait jusqu’à présent sur les autorités de l’aviation civile britannique.

Les entreprises se sont préparées au pire

Fort heureusement, les compagnies aériennes et entreprises du secteur n’ont pas attendu un hypothétique accord global pour s’adapter et se mettre en conformité avec les règles de l’Union européenne. Certaines ont tout simplement délocalisé leur siège ou une grande partie de leur activité sur le continent, afin de conserver un passeport et un accès libre au marché européen.

C’est notamment le cas du groupe IAG, maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling, qui est devenu un groupe espagnol, dirigé par un Espagnol , avec une majorité d’actionnaires européens à son tour de table. Ou encore d’Easyjet, dont la très grande majorité des appareils est désormais immatriculée en Autriche, via sa filiale locale.

La sécurité et la sûreté assurées

Les équipementiers aéronautiques britanniques ont, quant à eux, mis les mois de délai à profit pour obtenir une nouvelle validation de leurs produits et services par l’Agence européenne de sécurité aérienne.

L’AESA leur a facilité les choses en mettant en place dès 2018 une procédure spéciale de demande anticipée, afin d’éviter que des équipements produits au Royaume-Uni ne deviennent du jour au lendemain non conformes dans l’Union européenne. Par ailleurs, le Royaume-Uni s’est également vu reconnaître, par avance, la validité de ses normes de sûreté, ce qui permettra aux passagers et marchandises de pouvoir continuer à rentrer sans difficulté en Europe.

Les passagers vont y perdre

Grâce à ces initiatives, le transport aérien entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ne sera pas paralysé au soir du 31 décembre et les équipements aéronautiques britanniques continueront à être installés sur les Airbus. Néanmoins, quelques questions réglementaires et fiscales restent en suspens. En changeant de statut pour devenir un pays tiers, le Royaume-Uni va notamment perdre l’avantage d’une taxation allégée sur les billets d’avion, ce qui devrait se traduire par une hausse des tarifs potentiellement très dommageable pour le trafic.

Autre inconvénient pour les passagers : la fin de la garantie sur les défaillances pour les voyages à forfaits. Contrairement à la réglementation européenne, la réglementation britannique ne protège pas les clients de la faillite d’un voyagiste. Le Royaume-Uni n’offre pas non plus de protection contre les retards, les surréservations et les annulations de vol. Les passagers au départ du Royaume-Uni seront donc nettement moins protégés à l’avenir.

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