Le plan « Vesta » d’Air France pour la refonte de son réseau domestique

Le plan « Vesta » d’Air France pour la refonte de son réseau domestique
Baptisé « Vesta », en référence à la déesse latine protectrice du foyer, ce plan de restructuration va consister principalement à transférer à Transavia les créneaux libérés par Hop à Orly dans le cadre du recentrage de son activité Roissy-CDG.

A l’exception du service La Navette, l’offre domestique d’Air France sera centrée sur Roissy-CDG. (Air France)
Par Bruno Trévidic
Publié le 15 juin 2020 à 16h35Mis à jour le 15 juin 2020 à 16h55
On veut aller vite chez Air France. Moins d’un mois après l’annonce par le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, d’une réduction de 40 % de l’offre intérieure d’Air France d’ici à fin 2021, le plan « Vesta », en référence à la déesse romaine du foyer, est sur la table. Les directions commerciales d’Air France et de Transavia France ont présenté en interne, la semaine dernière, les grandes lignes de ce projet de réorganisation du réseau domestique.
L’objectif affiché est de parvenir à un accord avec les syndicats avant la première semaine de juillet. A cette période doivent être présentés le plan de gestion prévisionnel de l’emploi – en clair, le chiffrage des réductions d’effectifs à venir – et le plan de restructuration global d’Air France. Celui-ci devra obtenir l’imprimatur de l’Etat, en contrepartie des 7 milliards d’euros de prêts .
Un objectif économique et écologique
Le plan « Vesta » vise deux cibles : résorber les pertes récurrentes du réseau court-courrier d’Air France (près de 200 millions d’euros encore l’an dernier) et réduire de 50 % les émissions de CO2 des vols domestiques d’ici à 2024. Ce conformément à l’engagement pris auprès du gouvernement. Pour atteindre ce double objectif, économique et écologique, Air France va tailler dans l’offre de sa filiale régionale Hop. Un certain nombre de petites lignes non rentables va être supprimé, essentiellement sur le réseau interrégional. Mais aussi, et surtout, une grande partie de ses créneaux horaires à Orly, voire de ses lignes, sera transférée à Transavia France.
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A terme, l’activité de Hop, réduite à une trentaine d’avions (contre plus d’une cinquantaine avant la crise), se limiterait à l’alimentation du « hub » de Roissy-CDG, et du mini-hub régional de Lyon, pour les lignes interrégionales. Transavia, de son côté, pourra lancer de nouvelles lignes internationales et touristiques au départ d’Orly. La création de Transavia France avait, d’ailleurs, historiquement pour principal objectif de ne pas abandonner à easyJet des créneaux horaires à Orly.
Lignes domestiques sous condition
Quelques lignes d’Air France à fort trafic avec une clientèle à dominante « loisir », comme Orly/Biarritz et Orly/Montpellier, pourraient également être reprises par Transavia. Elles offriraient assez de trafic pour être exploitées de façon rentable par les Boeing 737-800 de Transavia, équipés de 189 sièges. Quelques importantes lignes transversales de Hop, comme Nantes/Marseille et Lyon/Nantes, pourraient également convenir. Cependant, un tel transfert d’activité nécessitera le feu vert du SNPL, le principal syndicat des pilotes d’Air France, pour lever l’interdiction faite à Transavia d’opérer des liaisons domestiques.
La marque d’Air France ne disparaîtra pas pour autant d’Orly. Comme l’avait laissé entendre Ben Smith dans un entretien aux « Echos » , Air France conservera l’exploitation du service « La Navette » vers Toulouse, Marseille et Nice, ainsi que les vols vers les départements d’Outre-mer et la Corse. Pour ces lignes à fort trafic affaires, le choix des fréquences l’emporte encore sur la recherche du plus bas tarif, ce qui justifie donc le maintien d’Air France.
Importantes réductions d’effectifs
En revanche, les dessertes de Bordeaux, Nantes et Lyon, au départ d’Orly, semblent condamnées. Quant à celle de Montpellier, elle pourrait être reprise par Transavia au départ d’Orly, mais avec moins de fréquences, afin de pouvoir remplir ses Boeing 737-800.
Ce transfert d’activité se traduira par d’importantes réductions d’effectifs chez Hop, ainsi que dans les rangs du personnel au sol d’Air France à Orly et dans les escales de province. L’un des différentiels de coûts de Transavia repose en effet sur le recours à la sous-traitance pour le traitement des passagers et des vols en escale. Aucun chiffre précis n’a encore été avancé, mais en interne, on évoque une réduction de 30 % des effectifs au sol

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