EasyJet s’organise pour tenir jusqu’à 2021 sans voler

La compagnie, deuxième opérateur aérien en France, déclare s’être réorganisée de manière à pouvoir tenir neuf mois sans voler. Avec quelque 2 milliards de lignes de crédits supplémentaires, la compagnie britannique mise toutefois sur un rapide retour en vol, quitte à appliquer des mesures d’éloignement à bord.

La compagnie aérienne britannique easyJet s’est réorganisée au cours des sept semaines passées de manière à pouvoir survivre à neuf mois d’interruption totale de trafic. La low cost, dont tous les avions sont cloués au sol depuis la fin mars, mise toutefois sur une reprise progressive du marché du transport aérien dans les semaines qui viennent, mais son directeur général, Johan Lundgren, se veut prudent. Il évoque la probabilité d’organiser des vols avec un faible taux de remplissage. Les sièges du milieu pourraient dans un premier temps servir à la « distanciation sociale » s’il le faut.

EasyJet a l’avantage d’aborder la crise en position de force. Ses résultats semestriels, pour la période de six mois close au 31 mars, sont en hausse par rapport à la période équivalente de l’année précédente pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de livres, en croissance de 1,6 %. La compagnie annonce une perte avant impôt et hors éléments exceptionnels comprise entre 185 et 205 millions de livres sterling pour ce semestre, contre une perte de 275 millions un an plus tôt, sachant que la saison d’hiver n’est jamais favorable pour le secteur.

Baisse d’un milliard des investissements

Depuis sept semaines et la confirmation de la crise sanitaire en Europe, EasyJet a révisé tous ses coûts à la baisse. Ses équipes sont au chômage partiel, ou payées par des mécanismes similaires selon leurs pays d’origine. Le groupe a négocié près de 2 milliards de livres de lignes de crédits supplémentaires pour porter ses liquidités à un potentiel de 3,3 milliards. Enfin, il a revu ses investissements à la baisse, afin d’économiser un milliard de livres d’ici à 2022, notamment en reportant la livraison prévue de 24 avions Airbus.

Johan Lundgren a assuré que la trésorerie du groupe resterait positive même si la crise durait neuf mois. Il déclare que le groupe pourrait même se passer d’injection de capitaux frais en mettant en « lease-back » une partie de ses avions. Ce qui pourrait lui rapporter 550 millions de livres.

Malgré cette présentation rassurante, le fondateur et premier actionnaire de la compagnie, Stelios Haji-Ioan réclame toujours l’annulation de la dernière commande de 107 avions passée à Airbus pour 4,5 milliards de livres. Il demande en outre l’éviction de Johan Lundgren et du président, John Barton, qui ne souhaitent pas procéder ainsi.

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