une bonne partie de la flotte de Lufthansa ne redécollera jamais!

Le groupe aérien allemand va définitivement sortir de sa flotte une quarantaine d’appareils, dont six Airbus A380. Il considère que le trafic ne retrouvera pas son niveau d’avant la crise. Sa filiale régionale, Germanwings, va même cesser définitivement ses activités.

Chez Lufthansa, l’après-crise se prépare déjà… à la hache. Le groupe aérien allemand qui avait été le premier en Europe à immobiliser une partie de sa flotte au début de l’épidémie, est également le premier à annoncer qu’une partie des appareils cloués au sol ne revoleront pas. Convaincu que le trafic aérien ne retrouvera pas de sitôt son niveau d’avant la crise, Lufthansa va définitivement retirer de sa flotte long-courrier six de ses 14 Airbus A380, sept A340-600 sur 17 et cinq Boeing 747-400 sur 14, ainsi que 11 Airbus A320 moyen-courriers et 10 A319, soit une réduction de 20 % de son offre long-courrier.

Tout le groupe concerné

Une réduction de capacité relativement modeste au regard d’une flotte de 763 appareils, mais qui va néanmoins concerner l’ensemble du groupe, dans des proportions variables. La compagnie Lufthansa va ainsi réduire durablement son offre au départ de ses deux principaux hubs de Francfort et Munich, mais elle va aussi rogner les ailes de sa filiale bon marché Eurowings. Ses vols low cost long-courriers seront intégrés à l’offre de Lufthansa. Les autres compagnies du groupe, Swiss, Austrian et Brussels Airlines, seront également concernées par ces réductions de capacité. Les livraisons d’A220 à Swiss devraient notamment être reportées.

Germanwings ne redécollera pas

Toutefois, la plus touchée est la filiale régionale Germanwings, qui va purement et simplement cesser ses activités. Créée en 2002, elle desservait une centaine de destinations régionales, avec une flotte de 14 appareils et 1.300 salariés. Elle avait été rendue tristement célèbre par le crash volontaire d’un appareil par son pilote, en mars 2015, dans les Alpes françaises.

Des conséquences sur l’emploi

Ces coupes claires auront nécessairement des conséquences sur l’emploi. Toutefois, Lufthansa affirme qu’il s’efforcera de reclasser « autant de personnes que possible » au sein du groupe. « Des discussions avec les syndicats et les comités d’entreprise doivent être organisées rapidement pour discuter, entre autres, de nouveaux modèles d’emploi afin de conserver autant d’emplois que possible », indique le groupe dans un communiqué.

Une stratégie assumée

Début mars, le PDG, Carsten Spohr, avait déclaré que le groupe Lufthansa, numéro un du ciel européen, sortirait diminué de cette crise, « plus petit après qu’avant ». Il avait également été l’un des premiers à reconnaître que le transport aérien aurait besoin de l’aide des Etats pour la surmonter. « Plus la crise dure et plus il est probable que l’avenir du transport aérien ne pourra être assuré sans l’aide des Etats »,avait-il affirmé , en préambule à la présentation des résultats 2019.

En attendant l’aide de l’Etat

Depuis, le groupe est presque à l’arrêt, avec 700 appareils sur 763 cloués au sol, une offre réduite de 95 % et 80 % de ses 130.000 salariés au chômage partiel ou en congés. Lufthansa a également engagé des discussions avec les autorités allemandes et des établissements bancaires, afin d’obtenir des prêts garantis par l’Etat, pour un montant qui pourrait dépasser les 11 milliards d’euros.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :