Le nouveau coup de gueule du fondateur d’Easyjet contre les achats d’Airbus

Dans un communiqué au vitriol contre les dirigeants d’Easyjet, le fondateur et principal actionnaire, Stelios Haji-Ioannou, continue de réclamer l’annulation les commandes en cours auprès d’Airbus, pour 107 A320. « Si cet engagement n’est pas annulé, EasyJet tombera à court d’argent en août », affirme-t-il.

L’obtention d’un prêt de 600 millions de livres (681 millions d’euros) de Bank of England garanti par l’Etat britannique n’a pas calmé les tensions chez easyJet. Plus remonté que jamais contre les dirigeants de la compagnie, son principal actionnaire, Stelios Haji-Hioannou, a diffusé un communiqué au vitriol, dans lequel il menace de bloquer toute injection de liquidité, tant que les commandes en cours auprès d’Airbus n’auront pas été annulées. De quoi compromettre les opérations de refinancement, s’il parvient à convaincre d’autres actionnaires, sachant que les prêts garantis par le gouvernement devront être remboursés d’ici à un an.

Depuis le 29 mars dernier, le fondateur d’easyjet, qui détient 11,7 % des parts et 34 % avec le reste de sa famille, est parti en guerre contre la direction et le conseil d’administration de la compagnie, afin d’obtenir l’annulation d’un solde de commande de 107 Airbus A320, d’une valeur de 4,5 milliards de livres, devenus inutiles à ses yeux. Et malgré le refus du conseil d’administration de satisfaire ses exigences, Stelios Haji-Ioannou ne désarme pas. Après avoir tenté, en vain, de faire révoquer le président du conseil d’administration, John Barton, il veut désormais obtenir la tête du directeur financier, Andrew Findlay, l’accusant de vouloir dilapider « l’argent du contribuable britannique », pour « signer des chèques de plusieurs milliards de livres à Airbus ».

Un sombre tableau de la situation

Pour convaincre les autres actionnaires de se rallier à son combat, l’homme d’affaires dresse un tableau très sombre de la situation d’easyJet. « Si cet engagement de 4,5 milliards de livres envers Airbus n’est pas annulé par le conseil d’administration […], alors je suis au regret de dire qu’easyJet tombera à court d’argent vers août 2020, peut-être même plus tôt », écrit-il dans son communiqué.

A l’appui de ses dires, Stelios Haji-Ioannou cite une étude de Crédit Suisse du 2 avril, évoquant la possibilité d’un manque de liquidités d’environ 164 millions de livres en septembre. Une étude pourtant relativement optimiste pour l’avenir de la compagnie et de surcroît, antérieure à l’obtention du prêt de 600 millions de livres, lequel porte à 2,3 milliards de livres, la trésorerie disponible. Ce qui devrait suffire pour passer la crise et honorer ses engagements.

Des prévisions trop optimistes

Mais du point de vue de Stelios Haji-Ioannou, les prévisions de Crédit Suisse et d’autres analystes comme ceux de Bernstein sont excessivement optimistes. « La prévision [de Crédit Suisse NDLR] est basée sur des hypothèses selon lesquelles la flotte d’easyJet reprendra les airs en juin et générera une activité rentable de 1,5 milliard de livres pendant les mois d’été. C’est de la pure fantaisie », affirme-t-il.

Un retour aux sources après la crise

Pour le fondateur d’easyJet, la sortie de crise sera un nouveau départ, plutôt qu’un retour à la situation d’avant. « Je crois qu’à la fin des confinements nationaux, easyJet se retrouvera plutôt dans la situation d’une start-up essayant de trouver de nouvelles lignes rentables pour quelques appareils », écrit-il.

D’où sa conviction que la flotte actuelle de 336 Airbus est déjà largement surdimensionnée pour l’après-crise et que les 107 appareils en commandes chez Airbus ne seront d’aucune utilité. Selon Stelios Haji-Ioannou, « easyJet doit planifier maintenant, une réduction de la flotte de 350 à 250 appareils. »

La réponse du conseil

Reste à savoir si ces arguments convaincront suffisamment d’actionnaires, pour remettre en cause la stratégie du conseil. Car ce dernier ne manque pas d’arguments. Les 107 Airbus à venir doivent remplacer des modèles plus anciens et réduire ainsi l’empreinte carbone d’easyJet, tout en réduisant le coût au siège. Ce qui est vital pour une compagnie low cost. Une partie de ces appareils a déjà fait l’objet d’avances et les financements ne devraient pas manquer pour ce genre d’actifs. Enfin, comme le souligne la direction d’easyjet, « nous avons un contrat de longue date avec Airbus qui permet une grande flexibilité et nous discutons avec eux de la meilleure façon d’utiliser cette flexibilité dans le climat actuel. Cela pourrait inclure des reports de commande et des annulations d’options ».

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :